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 evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.

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Evren Brokenback

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Féminin nombre de messages : 7
age : 25
pseudo : carpe diem
date d'inscription : 18/07/2009

MessageSujet: evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.   Dim 19 Juil - 0:01

evren brokenback
*« Méfiez-vous des gens qui vous aiment. Ils vous veulent tels qu'ils vous désirent. »

âge & année ; dix-sept ans, septième année
date & lieu de naissance ; londres, angleterre, le 8 juillet 2000
origines & pureté ; anglaises, sang-pur
orientation sexuelle ; hétéro

hominum revelio
*« le respect est ce qui s'oppose à la liberté »

      Elle m’avait dit qu’elle succomberait au moindre de mes désirs, qu’elle serait consentante à la réalisation de chacun de mes caprices. Je l’avais fixée, et il m’avait semblé que les larmes lui montaient aux yeux, j’avais sourit, retenant un rire moqueur et dédaigneux. J’avais failli la renvoyer chez elle, je me demandais si ses jambes seraient assez agiles, si elle crierait assez fort. Je me demandais si à la soumission se mêlerait l’effroi, si ses larmes tomberaient vraiment cette fois-là. Si elle me supplierait de l’oublier, de la laisser partir, retirant ses dires.

      « Bien. »

      Mon regard l’avait sondé, quelques secondes supplémentaires, alors que je la sentais brûler, d’envie et de crainte, tremblante qu’elle était à l’idée de se retirer. Elles n’avaient jamais voulu que je les oublie. Mais leurs visages se confondaient, les uns avec les autres, amas de chair innocente, ignorante, et ô combien pitoyable. Elles refusaient sans cesse de se résigner à la place que je leur accordais : occupation passagère, quand c’était déjà un honneur de n’être que ça. Je craignais les entraves quand elles craignaient de me perdre, et je les fuyais d’autant plus si je sentais leur parfum me poursuivre. Aucun de leurs mots n’aurait pu me faire céder, aucun de leur baiser ne m’empoisonnait. Je me débrouillais à merveille tout seul, pour cette dernière chose, et le liquide meurtrier glissait dans mes veines, lent et douloureux, m’appelant à la mort en chaque instant. Je flirtais avec le diable, avec le vice, et bientôt la Faucheuse viendrait me punir de l’affront que je faisais au Seigneur des Enfers.

      Mes bras l’avaient plaqué avec violence contre le mur. Son souffle s’était coupé, le temps d’une seconde, suffoquée par la promptitude de mon geste. Ses yeux m’avaient cherché, tentant de deviner mes intentions, mais mon expression impassible demeurait, et elle ne pouvait rien distinguer, au travers de son monde rosi par la naïveté. Nos lèvres s’étaient rejointes, ajoutant à la brutalité la fougue qui naissait et se nourrissait des pulsions de nos deux corps rapprochés.

      Je l’avais vu grimacer alors que mes ongles, bien que courts, s’enfonçaient dans son dos. Elle s’était mordue les lèvres, quand la courte lame avait commencé à dessiner de drôles de motifs sur la peau tendue de son ventre plat, maigre à en mourir. Avait commencé à paniquer quand la cordelette avait ligoté ses poignets. Mais elle était restée docile, confiante, un vrai jouet qu’on déposait entre mes mains. Fade et soumise, jusqu’à la mort, un vrai petit chien apprivoisé, fidèle à son maître qui n’en valait pas la peine. Elle répétait, inlassablement que ce n'était qu'un test, ses lèvres remuaient à peine afin de laisser ces mots s'échapper. Elle s'encourageait, et m'encourageait par la même occasion, moi qui riais de sa naïveté.

      I'm dirty, mean, I'm mighty unclean
      I'm a wanted man
      Public enemy number one
      - AC/DC ; T.N.T


      La vie vous offre des épreuves, et celles-ci ne sont que de sales moments à passer. On avait déposé sa vie sur un plateau en or, tout si bien disposé, si merveilleusement organisé, la fourchette parfaitement droite, même le champagne ne flanchait pas, au creux de la flûte, grâce au serveur amenant tout ça avec un balai dans le cul. On lui avait amené une vie aux mille saveurs, un plat en or bétonné, mais il y avait toujours des rapaces pour venir y piocher, des jaloux pour chercher à mêler leur pisse au grand cru qu'on voulait vous faire goûter. C'était sûrement pour cela qu'Evren regardait l'homme qui lui faisait face avec cet air perplexe, tout en n’hésitant pas, de temps à autres, à lui servir l'un de ses sourires d'enfant sage, à la fois intimidants et emplis de provocation. Ce pauvre vieillard se réfugiait sous son air avancé, il tentait de persuader la terre entière qu'il protégeait les intérêts d'autrui, mais même s'il parvenait à en convaincre chaque pecno friqué de Londres pour lesquels il bossait, cela ne changerait rien à l'opinion qu'il se faisait de lui-même, à ses yeux qui ne pouvaient plus se poser contre son reflet, à la lourdeur qui emplissait son coeur et ses membres, la mort arrivait, bientôt elle l'emporterait, et il se sentait de pierre, prêt à s'effriter, usé par le temps et les vagues qui frottaient contre lui. Il tentait de se rassurer, décidément il passait chacune de ses dernières heures à cela : rassurer les autres, et se rassurer lui-même ; en se disant qu'au moins il laissait à sa femme et ses enfants de quoi vivre confortablement, grâce à ce fric puant amassé sur le dos de ceux pour qui il travaillait depuis des dizaines et des dizaines d'années, si bien qu'il ne les comptait plus, il avait pourrit sa vie pour eux : à les voir gagner et gagner encore, grossir leurs testaments, qu'ils faisaient dès l'âge de dix-huit ans, car on ne sait jamais ce qu'il peut nous arriver quand on est quelqu'un d'important, le regarder avec leur pitié dégobillante, comme s'il se révélait être le dernier des ploucs, alors que sa vie était plus que correcte même, à faire semblant de le comprendre, jouer les réservés quand ils s'étalaient trop sur leurs acquis, comme s'il avait besoin d'être ménagé. Quelques-uns de leurs billets lui arrivaient certes illégalement entre les doigts, parfois, mais après tout, il assurait tout de même à leur chérubin, lors de leur décès, une vie toute aussi pleine de paillettes que la leur, et il avait fini par ne plus rien ressentir à chaque fois que le partage des biens devait être fait, il s'était accoutumé aux costumes noirs, aux réceptions où les rires fusent tout bas quand on est censés donner dans les larmes, il s'était accoutumé à tout, à leurs coutumes, à leur manque de morale, de conscience, de convictions, peut-être un peu trop, et aujourd'hui, il se demandait s'ils n'avaient pas fini par déteindre sur lui, lui qui aurait voulu être un honnête homme, et qui se présentait encore comme tel à l'heure actuelle, mentant au monde, et à lui-même.

      Toujours est-il qu'aujourd'hui, il se retrouvait face au petit-fils du seigneur Brokenback, décédé deux jours auparavant. Brokenback était de ces hommes qui aimaient recevoir, mais jamais en trop grands comités, il donnait dans l'intimité, vous faisait presque croire à l'amitié. Il riait fort, mais parlait sur le ton des confidences, et Larmstone avait été à de nombreuses reprises invité à partager le dîner auprès de la nombreuse famille qu'on aimait à retrouver unie autour d'une table, bien que les secrets en dévoraient le fond, en usaient les reliures, grattant et grattant encore. Parfois, une explosion se produisait, laissant s'éparpiller les éclats, mais on marchait dessus au lieu de les retirer, et tout continuait dans ce silence pesant et plein de sous-entendus. Même les elfes de maison semblaient plus craintifs que la normale, ils étaient tous quasiment muets, comme si le moindre mot risquait de mener à la catastrophe. Ils n'étaient peut-être pas bien loin de la vérité.

      Le restaurant était plein, et les paroles, futiles - il ne fallait pas trop en demander à ces femmes qui étaient uniquement là pour sourire, et redorer la réputation de leurs maris - semblaient ajouter au malaise, en cet instant, alors qu'ils étaient tous deux censés porter le deuil - surtout Brokenback Jr., à vrai dire, mais Larmstone semblait malgré tout plus touché par cette disparition que lui, dont les yeux brillaient toujours de la même étincelle, imperturbable. Evren l'avait toujours mis mal à l'aise, sans qu'il ne sache exactement dire pourquoi. Cet enfant était vif, l'une des plus grandes fiertés de la famille, adoré de tous, chose rare chez les Brokenback. La mère était une cruche rigide, le père avait déçu son propre père qui l'avait déçu en retour, et même la petite dernière se trouvait déjà être une gamine insupportable et égoïste à en chialer.

      Grand Pa avait fait du bon travail. A l’âge de dix ans, Evren connaissait sur le bout des doigts les principes qu’il lui avait inculqués. Et à dix ans déjà, il grimaçait sur le passage de Larmstone. Un jour, il était aller trouver le vieil homme, dans les yeux duquel brillait la même lueur, oscillant entre la démence et l’intelligence – y avait-il réellement une différence entre les deux, en réalité ? Tout cela ne se rapprochait-il pas dangereusement, et désagréablement ? – et lui avait demandé si Larmstone n’était pas un Sang-Mêlé. L’ancêtre lui avait répondu que c’était bien le cas, et le garnement, abasourdi, avait demandé pourquoi, en ce cas, il lui était permis de manger à leur table. Feu Brokenback avait éclaté d’un rire tonitruant, qui lui avait alors semblé faire trembler les murs du vieux manoir, dont l’épaisseur et l’isolement créé par la pierre étaient bien grands pourtant. Il l’avait pris sur ses genoux larges, bien que ses jambes demeuraient d’une maigreur effarante – les garçons de cette famille y avaient toujours eu une tendance - , et sa voix rauque s’était bientôt élevée : « Tu sais, fiston, avec ces gens-là, il faut savoir s’y prendre. Ils sont avides car nous possédons une chose qu’ils ne possèdent pas : la fortune, nous sommes des modèles de réussite leur faisant se sentir médiocre. Mais il ne faut pas oublier qu’ils possèdent également quelque chose que nous ne possédons pas : une conscience. Quand tu sais jouer avec celle-ci, alors tu les domines, une bonne fois pour toutes. »

      La chevalière d’Evren tinta contre le cristal du verre qu’il tenait entre ses doigts. Il n’avait que quinze ans, en cet instant, mais il se comportait déjà comme un homme, se parfumant, se vêtant d’habits élégants – les costumes saillaient d’ailleurs à merveille son corps remarquablement élancé qu’il avait su muscler afin de lui donner un peu plus de profondeur. Evren avait grandi, presque trop. Le petit garçon obéissant, adulant parents et grands-parents jadis, était devenu un vrai petit con. De ceux qui vous souriaient quand vous pensiez les réprimander, qui se moquaient littéralement du moindre de vos mots. Persuadés qu’ils étaient au-dessus de tout, imbus d’eux-mêmes, horriblement prétentieux, tout à fait insupportables. En apparence tout du moins. Et son petit numéro passait partout, il avait la chance d’être un merveilleux comédien, et il savait user de ses talents en temps voulu. Mais parfois, il aimait juste faire chier son monde, faire comprendre à chacun combien il n’en faisait qu’à sa tête, comme s’il inspirait une bouffée de liberté, alors qu’il se savait indubitablement attaché, enchaîné à cette famille qui pourrissait de l’intérieur, et dont les sordides règles commençaient à puer le renfermé, oui, ça sentait le vieux à plein nez, trop peu renouvelé, les discours s’usaient et il s’en apercevait, les bases flanchaient et il commençait alors à apprendre à danser. Mais il faisait comme si les portes ne bondissaient pas en-dehors de leurs gonds, comme si le plancher ne grinçait pas sous leurs pieds. Il faisait comme si tout était normal, comme s’il adhérait encore à leur doctrine préhistorique. Et il récoltait des sourires fiers, ce petit lâche, des accolades énergiques, des murmures au coin de l’oreille, comme s’il devenait le nouveau confident, ou le conseiller assagi dont on réclamait l’avis.
      « Qu’est-ce que tu voulais me dire, alors, Larmstone ? »
      Peut-être que c’était ça, après tout, qui le mettait plus mal à l’aise que ces autres petits détails. Le reste des Brokenback n’approuvant pas l’idée du vieillard de le laisser s’installer à sa table agissait quand même avec lui d’une manière doucereuse, usant des ficelles de l’hypocrisie qu’ils avaient commencé à tâter à peine vêtus de couches-culottes brodées de fils d’or. Evren, quant à lui, avait toujours semblé supporter la « fantaisie » de son grand-père sénile, sans pour autant faire semblant de cirer ses bottes qu’il payait une dizaine de fois moins chères que les leurs, et allant même jusqu’à lui apprendre clairement qu’il n’était pas le bienvenu ici. Cette franchise déconcertante dans ce monde en toc, où les apparences jouaient envers et contre vous, voilà ce qui était si désarmant, et qui le faisait en cet instant se tortiller sur sa chaise comme si on y avait préposé du poil à gratter.
      « Je ne sais pas ce qui a pris à ce cher Alverus… »
      Evren souriait, défiant Larmstone, comme s’il savait par avance ce qui semblait l’angoisser, et que ça l’amusait au plus haut point. Il semblait se ficher de tout, réellement, perdant de vue la logique et la crainte, indifférent aux sentiments humains qui s’agitaient autour de lui sans jamais l’atteindre, parfait maître de ses réactions qu’il pesait longuement, tactique.
      « Il te lègue le manoir des Brokenback.
      - Et qu’est-ce qui te fait si peur là-dedans, Barbes ?
      - Ce n’est pas à toi qu’elle aurait dû revenir, et tout le monde le sait bien dans la famille. Tu vas être la nouvelle proie de cette bande de vautours aux griffes acérées.
      - Hey, hey, Larmstone. Je te rappelle que c’est de ma famille que tu es en train de parler, là. Premièrement, tu sais aussi bien que moi qu’Alverus était un homme intelligent. Il doit bien y avoir des raisons à son acte.
      - … Un attachement trop grand qui te mènera à ta perte à être ainsi étalé ! »


Dernière édition par Evren Brokenback le Dim 19 Juil - 0:05, édité 1 fois
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Evren Brokenback

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MessageSujet: Re: evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.   Dim 19 Juil - 0:03

      Evren avait ri, sèchement, et tout sourire avait disparu de son visage, se faisant dès lors sévère.
      « Tu ne connais rien des Brokenback, malgré ton incroyable fidélité à ceux-ci. Ce n’était pas le genre de mon grand-père, crois-moi. Deuxièmement, je ne veux même pas de cette maison. Peut-être le savait-il, et peut-être est-ce justement pour cela qu’il me l’a léguée. Pour que je puisse sourire quand le spectacle débutera, et qu’ils se déchireront afin d’atteindre le premier la spatule leur permettant de découper le gâteau. Mais elle est haute, et presque inaccessible. Leur bataille sera longue. »
      Il avait vidé sa coupe d’un trait, comme un homme expérimenté quand il commençait tout juste à apprendre que la lame du rasoir était l’un des meilleurs amis de l’homme, que celle-ci commençait tout juste à flirter avec sa chair encore fraîche et tendre, jeune et douce. Le serveur s’était précipité pour le resservir.
      « Il y autre chose ?
      - Peut-être bien, oui.
      - Ma soirée ne s’arrête pas là, Larmstone.
      - Ton grand-père avait quémandé mon entière discrétion à ce sujet mais… J’ai fait parvenir une lettre à ta mère ce matin, écrite par le défunt il y a un moment maintenant. Elle contient le nom de la personne qu’il aurait souhaité te voir épouser. »
      Il retrouvait à ces dernières paroles son sourire moqueur, quand Barbes redoutais une violente colère. Décidément, ce garçon demeurait à ses yeux un mystère.
      « Si tu ne devais pas le faire, alors pourquoi me le dis-tu ? »
      Il n’attendit pas sa réponse pour se lever de table, après avoir déversé ce qu’il restait de champagne sur la plante à leur droite, en faisant une fontaine verdoyante. Quelques billets sur la table, et il en glissait d’autres dans la poche de la veste du notaire, le réduisant au rang peu honorable de mendiant.
      « Nous nous reverrons bientôt, Barbes. »
      Il ne s’était pas retourné, avait poursuivi son chemin vers la sortie sans une hésitation. Et l’esseulé aurait pu parier que son sourire continuait de flotter au coin de ses lèvres, alors.


      I got the green light,
      I got a little fight.
      I'm gonna turn this thing around.
      - The Killers ; Read my mind

      Sixième étage de Poudlard, Salle Désaffectée. C’était la pause déjeuner, et les couloirs étaient vides, les élèves affamés ayant dans leur quasi-totalité rejoint la Grande Salle pour engloutir le repas préparé par des bestioles dévouées au service de cette école qui ne leur promettait rien sinon un peu de respect et énormément de travail. Mais la plupart d’entre eux étaient masochistes, habitués depuis des siècles à être esclaves et jamais bourreaux, le cerveau réduit au rang de moteur, dictant leurs gestes mais jamais leurs pensées, qui n’étaient plus quant à elles. Entre les doigts d’Elijah, quelque chose qui aurait pu faire penser à une cigarette, si l’odeur qui en provenait n’avait pas été bien plus fruitée que la normale. Il y avait glissé des feuilles broyées d’Angélique, portant son nom à merveille, et de la poudre de Bourdaine. Ces dernières années, le trio s’était trouvé une passion pour la Botanique, qui avait admirablement augmenté leurs notes en cette matière, variant considérablement selon le sujet traité et les vertus de la plante.
      « Tu vois, Demetrios, quand Evren et moi on te dit que tout ça, ça ne vaut rien, c’est que… Ca ne vaut rien.
      - Oui, je crois que je vois parfaitement, Eli, maintenant que tu le dis.
      - Allez, fume ça, sale troll encapuchonné dans sa morve.
      - Gobelin des marais. »
      Dem’ s’était saisi de leur fabrique pendant qu’Evren regroupait en silence les ingrédients autour du chaudron. Ils avaient été cueillir l’Acore la nuit dernière, lors de la pleine lune, car c’était à cet instant-là que les racines se rechargeaient pleinement de leurs propriétés… planantes.
      « Wow, wow, wow, Evren, qu’est-ce que tu fais, là ? »
      Le concerné lâcha un soupir et leva les yeux vers son camarade qui paraissait subitement inquiet.
      « Je mets l’Acore, Dem. Sans Acore, vois-tu, nous n’obtiendrons pas grand-chose.
      - Je sais, ça, ce n’est pas la première fois, mais… T’as vu tout ce que t’y as mis ?
      - Si t’as les couilles en Chocogrenouilles, mon pote, t’as qu’à t’en faire une perso. Moi, c’est celle-là que je prends. Et Elijah me suit. N’est-ce pas Eli ?
      - Bien sûr que je te suis, hé.
      - …
      - Toi qui vois ma douce.
      - Okay, okay, je vous suis, bande de malades. »
      Un sourire naquit sur les lèvres d’Evren qui se remit à la tâche alors qu’Elijah renchérissait, avec une gaieté frappante.
      « Sans cette bande de malades, mon cher, tu ne serais pas en train de prendre ton pied comme personne.
      - C’est bien connu, les génies sont fous.
      - Et tu devrais supporter cet affreux cours d’Histoire de la Magie en ayant l’impression de mourir chaque seconde qui s’écoulerait.
      - Merlin, merci ! »
      Demetrios s’était mis à genoux, remerciait de tout son cœur cette célébrité magique presque élevée au rang de dieu des sorciers, et Evren ne pu étouffer un rire alors qu’il faisait tourner la cuiller au creux du chaudron bien rempli.
      « Ca sent archi fort.
      - Ca va être de la boooombe mec ! »
      Elijah s’échauffait, comme durant chacune de ses défonces. Ce gars était déjà peu ennuyeux en temps normal, mais activé par les effets de ce que nous pourrons appeler des drogues sans crainte de nous tromper, il défiait les limites de l’extravagance. Evren l’avait vraiment rencontré lors de sa quatrième année, quand il avait dû lui casser la gueule tel un vulgaire Moldu alors qu’il s’était un peu trop approché de sa sœur. Depuis, les deux garçons étaient inséparables. Demetrios, quant à lui, était plus sage, plus raisonnable. C’était un vrai Lettré, souvent le nez plongé dans un bouquin, assidu en cours, dont les conseils s’avéraient bien souvent d’un grand secours. Evren s’était attaché au fil du temps à ce garçon un peu bizarre.
      « C’est prêt les copines.
      - HAHA. »
      Elijah en jouissait presque, tout excité à l’idée de la décharge qui l’attendait. Bien entendu, ce n’était pas la première fois, mais il démontrait toujours cette euphorie des débuts, semblable à celle des rebelles testant encore et toujours leurs limites avant de redevenir de bons petits garçons.
      « Vous allez déguster. »

      Et les trottoirs vaincus par la télé faction
      La foule qui va boire à la prochaine halte
      Je m’arrête toujours pour voir passer les cons
      - Léo Ferré ; Paris, je ne t’aime plus


      La sueur perle sur ma peau, la recouvrant de cette couche qui vous colle aux doigts, rendant toujours plus désagréables les frissons qui parcourent mon corps. Je m’échappe hors du lit, et les flashs de cette nuit agitée me reviennent en masse, alors que mes pieds tentent une approche difficile de la salle de bains toujours éclairée, prévenant ces infâmes moments, comme pour me faire tomber. Ma main se plaque contre l’embrasure de la porte, et je me demande si mes membres me répondent encore. Comment puis-je encore tenir debout ? D’ailleurs, ne suis-je pas en réalité pitoyablement vautré sur le carrelage, sans en sentir le froid ? Non, je peux apercevoir le miroir, et le reflet qu’il me renvoie, sombre, bête de foire, avec des cernes prenant la moitié de mon visage, on pourrait presque croire que je porte au-dessus de ces yeux vidés des lunettes de soleil peu colorées. Vivre en ce bas monde avec une pierre accrochée au cœur, poids qui vous enfonce, les yeux ternis posés sur le spectacle qui vous est offert, bazar illusoire, rires démentiels et silhouettes courant à leur perte, pièce de théâtre mensongère, cauchemar grotesque, maladroite esquisse qu’un artiste ne saurait traduire. Elles chantent encore dans ma tête, toutes ces voix, qui se transforment en cris, en agonie. Il y a l’hémoglobine qui éclate et se plaque contre mes paupières closes, comme elle se serait échouée sur l’objectif d’une caméra, ou d’un appareil photo, et j’ai peur de les ouvrir, de le sentir se glisser à l’intérieur de moi, peur d’être souillé, alors que c’est l’enfer ici. Peut-être ne sais-je tout simplement pas m’en retirer. Je laisse l’eau froide s’écouler sur moi, mon regard coule sur la chambre d’hôtel, sens dessus dessous, des vacances que je me suis offerte, loin de mon futur tombeau, de ces pierres qui vous emprisonnent et vous rendent tout aussi froids, tout aussi ancrés dans le temps, devenant insensible aux intempéries, aux tornades, et à l’âge censé vous ronger. Vous devenez intemporel, vous vous mettez à faire peur, à inspirer la crainte autant que la jalousie, l’effroi autant que la curiosité. Ca martèle contre mon dos, tels des petits cailloux, tels des petits bouts de cet endroit, auquel je retourne inlassablement, dans mes cauchemars, comme s’il faisait partie de moi. C’était bien plus qu’un nom. Il avait pollué chaque millilitre de mon sang. J’étais devenu eux autant qu’ils étaient moi, et je continuais de combattre, aveugle devant l’absence d’espoir qui se présentait à moi.

      Des putes à ma gauche, des tapins à ma droite, et de la crasse sous la semelle. Elles m’enveloppent de leurs regards de louve affamée, ils clignent des paupières tels de véritables poupées, cambrent le dos quand elles font les belles sur leurs talons élevés. Je sens des mains glisser entre les plis de mon trois pièces, je sens leurs supplications intérieures qui m’attirent à elles irrésistiblement, et puis mes yeux glissent sur leurs yeux fardés, leurs peaux poudrées, leurs lèvres rougies par le baume usé, je retiens une grimace de dégoût, je retire les mains qui m’agrippent d’un coup sec.
      « J’ai pas d’argent. »
      Je balance ça en anglais, c’est du foutage de gueule, je pue le fric à dix kilomètres à la ronde, il suffit de glisser un œil sur mon costard, ou mes cheveux impeccablement coiffés, pour un peu mon portefeuille bossellerait même la poche intérieure de ma veste, mais je soutiens le regard courroucé de l’étrangère sans ciller, encore une fille de l’est qui a été repêchée je ne sais où, qu’on fout dans les bordels, retournée et retournée malgré elle pour une pièce, victime du trafic, enlevée à sa famille pour une imprudence, et personne ne fait rien, pour un peu l’Etat cautionnerait tout cela, c’en est désolant. Après tout, je m’en moque, ça les regarde, ce sont des affaires qui dépassent mon pouvoir, et auquel je ne tiens pas à être mêlé. Je me moque de tout, me direz-vous, et cet air insolent que vous lisez sur ma tête d’ange vous agace, on me le reproche souvent, il me faisait des ennemis à l’école, parmi les professeurs de sexe masculin que mes douces paroles ne parvenaient à atteindre, et les brutes inconscientes craintes pour quarante kilos de graisse bovine, leurs yeux porcins lançant des éclairs, la mâchoire de pitbull, beaux hybride que voilà.
      J’aime les rues de Barcelone, et celles de Varsovie, je suis tombé amoureux de la débauche et du vice alors que j’étais tout jeune encore, la première fois quand, à douze ans, une fille de deux ans mon aînée, une Poufsouffle, m’a calé contre un mur pour m’embrasser fougueusement – maintenant, c’est moi qui vous plaque contre tout, les voitures, les portes, les lampadaires ; les cheminées, les vestiaires du Stade de Quidditch, contre les carosses, les horloges -, j’ai commencé à apprendre les courbures des corps, et je n’ai plus su m’en passer. Avec la bande de gais lurons qui m’accompagnait, je commençais à rouler des mécaniques, draguais tout ce qui bougeait. Mais les filles à cet âge sont encore prudes, elles ont des principes qu’elles perdront bien vite, serrent leur petit gilet sur leur poitrine qui commence tout juste à pointer, les seules à sortir du lot deviendront plus tard de belles salopes, mais qu’importe, on fait avec. Je ne l’ai jamais fait avec lourdeur, mais je ne m’empêchais pas de donner dans la vulgarité. Il y avait un goût pour le défi avant tout, un autre pour la destruction. Et chacun de leurs pleurs me le rappelait.

      Imagine there’s no heaven, it’s easy if you try
      No hell below us, above it’s only sky
      - John Lennon ; Imagine


      « SANDHYA !
      - Quoi, Evren, qu’est-ce que tu veux ?
      - Ouvre cette putain de porte, ou je la dégomme, et toi avec, sale petite garce !
      - Mais calme-toi Evren, qu’est-ce qu’il se passe ? J’arrive. »
      Elle avait tourné le verrou, et à peine avait-il aperçu le blanc laiteux de sa peau, qu’il retournait une claque des plus brutales contre sa joue.
      « Il est où ?
      - De qui ? MAIS DE QUOI TU PARLES, EVREN ?
      - Ce souillé, ce sale Sang-de-Bourbe que tu nous as ramené ici, je veux savoir où il est ! »
      Il s’acharnait, ouvrait ses placards, balançait fringues et objets au passage. Certains d’entre eux atterrissaient tout juste sur le lit à baldaquins, sains et saufs, tandis que les plus fragiles qui ne parvenaient à passer la ligne d’arrivée se brisaient contre le sol, tout autour d’eux, sans qu’Evren n’y prenne garde pour autant.
      « Il n’y a personne ! Tu es complètement malade ! Barre-toi d’ici, casse-toi, Evren, je ne veux plus te voir ! »
      Il avait agrippé ses bras, l’empoignant à deux mains et l’obligeant à virer l’une des siennes de sa joue rougie, brûlante encore de la marque qui s’y était appliquée.
      « Je te préviens, si je trouve ce type, je lui fais sa peau. Je le découpe en petits morceaux et je te les fait bouffer, comme ça tu l’auras consommé jusqu’à la moëlle. Je t’en ferais bouffer, du sang souillé, catin. »
      Elle lui avait lancé un regard débordant de haine, comme si son dégoût dépassait les limites qu’il était possible d’y appliquer. Rancœur, incompréhension, déception se mêlaient, dans un tout répugnant, à l’odeur de mort. Et la petite fille, qu’on avait élevé afin de ne jamais montrer ses sentiments, qui gardait ce masque d’impassibilité et de froideur à longueur de temps, respirant l’ascension sociale et conservant bien ses secrets, comme on le lui avait appris, avait fini par fondre en larmes, sous l’œil de son frère que ces perles commençaient à radoucir, désarmé devant sa souffrance, devant le mal qu’il lui infligeait.
      « Lâche-moi, Evren, tu me fais mal. »
      Il avait relâché son étreinte, et entre deux sanglots, ses lèvres tremblantes, et gonflées par le sel qui s’y déposait, se détachèrent à nouveau.
      « Je te déteste. Tu n’es plus rien pour moi, désormais. JE TE DETESTE ! »
      Evren, après lui avoir renvoyé un regard condescendant, humiliant, plein de pitié et de compassion, tourna les talons et passa le seuil de sa porte. Leurs disputes prenaient toujours des dimensions impossibles. Un coup ils étaient foutus dans les bras l’un de l’autre, l’autre les hurlements et les coups succédaient à leur amour et leur complicité. Il aurait voulu la protéger de tout, malgré leurs différences, de ce monde qui l’attaquait, de ces gens qui la pourriraient, il aurait voulu la laisser sur son piédestal, l’enfermer là en attendant qu’on la marie, l’emprisonner dans sa carapace de petite fille sage. Mais il ne pouvait pas, il n’en était pas capable, et ça le faisait enrager. Son poing vint s’abattre contre la pierre constituant le mur. Il ne ressentait pas la douleur, se délectait du sang qui s’écoulait, le long de ses phalanges, remontant jusqu’au bout de ses doigts, pour venir teinter le sol qui en avait déjà bu bien d’autres – oui, bu. Rien n’avait d’importance.
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Evren Brokenback

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MessageSujet: Re: evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.   Dim 19 Juil - 0:04

      He hears the silence howling
      Catching angels as they fall.
      - Jethro Tull ; Locomotive Breath


      Je ne suis pas réellement ce que l’on croit. Ce gamin qui avance, le gun collé contre la tempe. J’ai eu la chance d’avoir pu faire mes choix. En masquant le tout, des manigances. On m’a apprit ce que je devais être. On m’a formé pour cela, fidèle et servile petit soldat. J’ai quitté la ligne, mais j’y ai laissé un leurre, afin qu’on ne distingue pas trop tôt que mon poste était libre, laissant de la place à l’ennemi. Erreur tactique, qui pourrait tout faire défaillir, renverser leur empire. J’ai trop bien compris, ce qu’on attendait de moi. Les cheveux châtains plaqués contre le crâne, ce sourire surmonté de fossettes fixé sur mon visage, aimable, et ces yeux d’un bleu abysse enfouis dans ceux qu’il faut que je charme. Alors, c’est ce que je présente à la face du monde, la plupart du temps, quand les regards sont braqués sur moi, m’épiant, admirant mon ascension ou priant pour ma chute. Car vous pouvez être sûrs que, si je fais un pas de travers, alors ils sauront quoi en faire. Il y a une horloge dans mon crâne. Ca fait tic-tac, tic-tac, et je me demande parfois, si ce n’est pas en bris que je finirais. A moins que ce ne soit la folie qui me guette, au-delà de la mort, et bien avant celle-ci, bien avant son irruption dans ma vie qu’elle réduira en cendres. J’aimerais faire tant de choses, avant cela. Pas parce que je suis attachée à elle, ou que je la trouve belle, bien au contraire, juste pour assouvir ma soif de connaissance. Je me considère plus comme un scientifique qu’un profiteur. Un analyste, un chimiste. Testant les réactions, les combines, les combustions. Les mélanges, l’homogène et l’hétérogène, je guette leurs gestes, leurs paroles, me confonds dans leur surprise, leur indomptable colère, me confond en moi-même. Je ne suis qu’un pantin, auquel on a apprit combien il était bon de se détacher de soi-même. Au final, je ne vis plus. Je connais toutes les raisons, et tout a perdu de sa saveur. C’est pour ça que je tombe dans les extrêmes. Dans ces choses que personne ne comprend : la violence, la cruauté, la destruction. Je me fais plus qu’humain pour comprendre l’humanité qu’on m’a demandé de quitter. On voulait faire de moi un dieu, je suis devenu un démon. Un démon en quête de vérité, car il y avait bien une raison pour laquelle Satan se serait rebellé contre le grand manitou, n’est-ce pas ? La vanité, la jalousie, l’envie, toutes ces conneries… Ses créatures n’étaient-elles pas censées être parfaites ? Alors quoi ? Lucifer avait une erreur dans son code barre ? Un chromosome barré ? Que dalle. Il refusait juste d’être un des pions de plus sur le gigantesque échiquier que Monsieur le Roi du Monde avait décidé de placer. Et moi, je m’amuse de ma condition.


carpe diem
*« vos héroïnes favorites dans la vie réelle ? - je n'en ai pas. »

    âge ; dix-sept ans
    temps de connexion ; fréquent et régulier, en théorie
    comment as-tu connu le forum et comme le trouves-tu ? j'ai eu l'adresse par mail, il me semble.
    votre personnage est-il un personnage vacant ? non.
    personnalité sur l'avatar ; suis-je réellement obligée de balancer un nom ?
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Druella I. Rosier

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animal: /
notes: /

MessageSujet: Re: evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.   Dim 19 Juil - 14:57



    Bienvenue Evren,

    Ta fiche était très longue et très exigeante à lire, parce que tu as un style très soutenu plein de métaphores, ce qui demande donc un max de concentration. Mais ça en vaut vraiment la chandelle, ton expression est sublimifique 18

    Cependant avant de te valider, bah euh : voui, j'aimerais que tu balances un nom de célébrité pour ton personnage '-'

    Donc tu fais ça et pouf j'te valide. Magique


_________________
[list][list]
[/list:u][list]princessbloomy @ LJ
Cauze I got no reason
to apologize, That's my
generation. I don't need
to say I'm sorry. It's not
so complicated. So listen
up, That's my generation.

The who - my generation
[/list:u]
[/list:u]
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Evren Brokenback

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MessageSujet: Re: evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.   Dim 19 Juil - 15:16

    Euh... Merci, je suppose ? x)

    Quelle cruauté :p Sean Opry. J'attends de voir ces effets tant désirés (l)
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MessageSujet: Re: evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.   

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evren brokenback •• l'homme est bon : il oublie le mal qu'il a fait.
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